dimanche 18 avril 2010

Le 1er mai, un changement de ton s'impose ... les AES vous invitent à la mobilisation et se mobilisent eux-mêmes !

Le vrai programme de Tsarko :

Baisse des retraites, augmentation du chômage et de la précarité



L’oligarchie qui nous gouverne, par l’intermédiaire de cette démocrature présidentialiste (pouvoir dictatorial au nom de la démocratie), veut nous faire admettre par la diffusion médiatique de mensonges et d’omissions, qu’il n’est pas possible de faire autrement pour résorber la dette et réduire les déficits publics que les gouvernements ont organisés. Nous devrions subir la régression sociale pour le plus grand nombre !!!

Allons-nous accepter ce lavage de cerveau ?


A quelles fausses évidences recourent-ils pour nous soumettre ?


Nous vivons plus longtemps, donc, nous devons travailler plus longtemps = FAUX

Entre 1870 et 1970, l’espérance de vie a presque doublé en France. Le temps de travail annuel a été divisé pratiquement par deux (allongement de la scolarité, retraites, congés).


Ce qu’ont permis les progrès techniques et l’augmentation de la productivité du travail ne serait plus possible aujourd’hui = FAUX

Les gains de productivité doublent en 35 ans, à raison de + 2 % par an et les salariés ne devraient pas en profiter ? Exemple : la production agricole où les gains de productivité ont été les plus faibles par rapport à l’industrie. En 1900, la production moyenne d’un agriculteur permettait de nourrir sa famille, plus une autre personne du secteur non agricole. Aujourd’hui, il y a plus que 3 % d’actifs dans le secteur agricole et un agriculteur nourrit en moyenne au moins 30 personnes et ce, sans tenir compte des exportations et des restrictions qu’on lui impose (quotas, revenus en baisse accaparés par l’agro industrie et les grande surfaces).


Plus possible de payer les retraités si l’on n’augmente pas la durée de cotisation des actifs = FAUX

Certes, l’assurance retraite de la Sécurité Sociale connaît un déficit de plus de 10 milliards €

Mais, ce que l’on évite de nous dire :

  • La part des salaires dans la valeur ajoutée (supplément de richesse produite chaque année) a diminué de 9 % pour les salariés et retraités, pour aller grossir les bénéfices des entreprises et les rentes des actionnaires, ce qui correspond à 135 milliards € (entre 1980 et 2008)

  • Le montant annuel des exonérations de cotisations patronales décidées par les différents gouvernements de Droite et de Gauche, est de 42 milliards € en 2009. Ce qui n’a pas empêché les délocalisations … et ce qui a creusé le déficit de la Sécu !!!

  • Le montant des niches fiscales (exonérations d’imposition dont bénéficient les plus hauts revenus) en 2009 est de 73 milliards €, à quoi s’ajoutent les manques à gagner, pour l’Etat, dus au bouclier fiscal (qui n’a pas créé d’emplois), aux facilités accordées aux banquiers et spéculateurs et autres PDG pour placer les richesses détournées dans les paradis fiscaux … et l’on voudrait nous faire croire que l’on ne peut plus financer les caisses de retraites !!!


Pour espérer s’en sortir, il faut que ceux qui le peuvent se constituent une épargne retraite = ils ne manquent pas d’air !

Recourir à des assurances privées qui placent cet argent dans des fonds spéculatifs, c’est le plus sûr moyen de voir partir en fumée ce capital à la prochaine crise financière. Dans les pays (Royaume Uni et Etats-Unis) où les fonds de pension ont été institués, avec le krach financier, les retraites capitalisées se sont évaporées…

Pour l’emploi, pour les retraites, même combat

Depuis 1991 (livre blanc sur les retraites de Rocard), avec constance, ils ont entrepris de massacrer l’un des acquis du Conseil National de la Résistance, la retraite à taux plein avec 37.5 annuités.

Si nous laissons faire Tsarko,

c’est 42, voire 45 annuités, qu’il va imposer ainsi que le recul de l’âge légal de la retraite :

  • Les vieux ne travailleront jamais jusqu’à 70 ans et ils toucheront donc des retraites amputées.

  • Les jeunes qui commencent en moyenne à travailler à 25 ans (quand ils ne sont pas au chômage (plus de 20 % d’entre eux), à temps partiel ou n’occupent pas des petits boulots précaires) resteront pour nombre d’entre eux au chômage, surtout dans les quartiers populaires où les taux de chômage varient entre 35 et 60 %


Le pouvoir tsarkozyste, la média-cratie qui nous lave le cerveau,

les professionnels de la politique politicienne,

tous chantent les prétendues vertus de la mondialisation capitaliste, de l’Europe ultralibérale.

Malgré toutes leurs roucoulades sur la moralisation du capitalisme financier, sur la valeur travail ( !), ils nous conduisent à la catastrophe sociale et écologique.


Après avoir renfloué les rentiers spéculateurs, endetté les Etats,

ils veulent faire payer le prix de leur crise aux classes populaires et moyennes.

Ils font tout pour nous diviser :

racisme, islamophobie, stigmatisation de « l’assistanat » et des pauvres, salariés du privé contre les fonctionnaires, les jeunes contre les vieux …

Ils favorisent l’économie souterraine, l’insécurité et jouent les gros bras de la répression policière.

Résultats : Remontée de l’extrême droite fascisante dans toute l’Europe

A quand l’étoile verte sur les « indésirables » ?

A quand la délation généralisée comme sous Pétain ?


Pendant qu’ils organisent le cirque médiatique

et les coups de mentons sur la « racaille » et « les petites crapules »,

les actionnaires, les traders et les PDG gavés de rémunérations mirobolantes, de stocks options et de parachutes dorés, spéculent sur la faillite des Etats qui les ont renfloués avec l’argent des contribuables : la Grèce aujourd’hui, le Portugal, l’Espagne … la France… demain.


C’est parce que nous sommes à genoux qu’ils sont grands

Parce qu’ils nous crèvent les yeux que nous sommes aveugles à la réalité

qu’ils nous façonnent et nous font subir


Ils diffusent la résignation, l’angoisse, la détresse, la désespérance qui peut conduire au suicide.


Relever la tête, retrouver collectivement notre dignité,

Refuser de déléguer notre pouvoir aux politiciens et autres apparatchiks,

C’est la seule voie, celle de l’émancipation sociale,


Avec vous, nous sommes

ROUGES de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme

VERTS de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète

NOIRS d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité

que nous voulons multicolore, multiculturelle et solidaire


La révolte contre ce système impopulaire doit être massive

Sinon le pire est à venir !


Rejoignez-nous dans les manifestations du 1er Mai



"La stratégie du choc" au cinéma

à l’Espace Méliès à LURE

vendredi 7 mai 2010 - 20h30 (entrée = 5.50€)

les Amis de l’Emancipation Sociale,

les Amis du Monde Diplomatique Nord Franche Comté

vous invitent à découvrir le film de Michael Winterbottom et Math Whitecross

LA STRATÉGIE DU CHOC

d’après le livre de Naomi Klein

qui sera suivi d’un débat animé par

Gérard Deneux Amis de l’Emancipation Sociale

Coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, effondrement de l’union soviétique, attentats du 11 septembre, guerre en Irak, tsunami de 2004, cyclone Katrina … autant de crises, désastres, attentats et traumatismes collectifs qui, selon Naomi Klein, sont utilisés par les ultralibéraux pour assurer la prise de contrôle de la planète et imposer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. Remarquable et terrifiante démonstration par les faits de « l’histoire secrète » des stratèges ultralibéraux qui nous permet d’évaluer les enjeux présents et à venir pour mieux défendre les valeurs démocratiques.

La présentation du film sur Dailymotion: http://www.dailymotion.com/video/x5lywq_strategie-du-choc-et-marketing-de-l_news


Adhérer aux AES, un acte de résistance

Les prophètes de malheur de tous poils n’ont de cesse de nous rabâcher que « nous sommes au bord du gouffre ! ». Que ce soit à propos du « problème » des retraites, de la capacité nucléaire de l'Iran, de la « situation » des banlieues, de la dette publique, de la compétitivité de la France, de l'environnement... le temps des catastrophes serait proche. Bien entendu, nous ne sommes pas dupes. Ce martelage médiatique ne nourrit qu'un seul objectif : justifier une pléthore de mesures et contre réformes (aussi bien au plan national qu'international), toutes plus iniques les unes que les autres dont la brutalité qu'elle soit économique, discriminatoire ou physique ne saurait être contestée.


Bien entendu, nul ne songe sur les ondes ou dans la boîte à images à contre-attaquer en résumant les choses en une phrase. Armés des convictions qui nous caractérisent, nous le faisons : « La situation que nous vivons n'est que la conséquence d'une allégeance inconditionnelle de l'ensemble des partis de gouvernement de tous pays, aux dogmes de l'économie capitaliste toute puissante ». De facto, toutes les mesures « correctives » soi-disant destinées à nous guérir des maux qui nous accablent ne pourront être que la continuation de cette politique, faite de reculs, de lâchetés et de compromissions de l'ensemble des partis politiques qui se partagent le pouvoir depuis des décennies.


Prenons un exemple. Au sujet de la contre réforme des retraites, le calendrier serré proposé par Sarkozy n'est pas dénué d'arrière-pensées. Il est d'abord profilé pour minimiser la capacité d'organisation populaire, du type de celle qui s'était mise en place lors du referendum sur le TCE en 2005. En effet, si l'ensemble des organisations les plus déterminées à faire échec à cet infâme projet réussissaient à mettre en place une stratégie de contre argumentation à la propagande idéologique des sbires du Medef et du gouvernement (voire de certains sociaux libéraux mâtinés de modernité), la mobilisation populaire serait plus que probable et sonnerait le glas de l'offensive sarkozienne. En second lieu, Sarkozy brûle ses dernières cartouches vis-à-vis des forces libérales et doit impérativement concrétiser son funeste dessein, s'il veut continuer à bénéficier de la confiance des instances du pouvoir économique. Pour notre part, ce calendrier ne nous empêchera pas de mobiliser et de participer à toutes les initiatives de contestation, de critique et à toutes les entreprises de démolition visant à laminer les argumentaires officiels et mensongers du pouvoir.


Il est évident que l'analyse, préalable à l'action, reste conditionnée par l'acquisition des grilles de lecture qui sortent des sentiers battus. C'est d'abord dans ce domaine que nous œuvrons en proposant nos conférences et projections-débats. Nous ne nous posons pas en « donneurs de leçons » mais en initiateurs de réflexion sur les sujets qui touchent aux problèmes sociaux, géopolitiques, environnementaux, historiques … Et c'est l'ampleur de votre participation qui reste notre seule « rétribution ». Vos questionnements nous importent et notre but premier reste d'apporter un éclairage alternatif. Nous vous proposons une analyse différente des faits de notre monde. Nous restons persuadés du bien fondé de cette démarche et de la nécessité de vos contributions et commentaires.


Cependant, circonscrire notre action à cette activité conférencière est réducteur. Les AES s'engagent au coté de tous ceux qui sont muselés, discriminés, censurés dans leur volonté d'émancipation. Les luttes des travailleurs, les mobilisations des quartiers populaires, les luttes de tous les peuples de la planète, et en particulier du peuple palestinien sont, pour nous, la seule voie de la transformation du monde. Nous sommes également attachés à dénoncer le système productiviste, fossoyeur de l'écologie environnementale et humaine, qui freine l’avènement d’une autre paysannerie. C'est dans le cadre de cette participation active que nous nous inscrivons. Et chaque fois que cela sera possible, nous participerons aux manifestations pour affirmer notre résistance à l'ensemble des forces d'oppression intellectuelles, financières ou du pouvoir politique.


Nous souhaitons être un espace de convergence de luttes, de réflexion, et ce, dans une perspective d’action. Votre adhésion est essentielle pour que nous soyons ensemble acteurs de notre avenir.

Fraternellement

Pour le Conseil d’Administration,

Le Président Gérard Deneux – 03.84.30.21.06


Bulletin d’adhésion

A retourner à Odile Mangeot – 43 J rue Jean Jaurès 70200 Lure

Odile-Mangeot@wanadoo.fr 03.84.30.35.73

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vendredi 16 avril 2010

Israel : nouvelles mesures discriminatoires vis à vis du peuple palestinien

Depuis 1948, Israël a ignoré plus d'une soixantaine de résolutions de l'ONU et vient une fois de plus de violer la IVe Convention de Genève en menaçant d'expulsion des milliers de Palestiniens de leur propre terre. Pour ceux qui douteraient encore de la nécessité absolue de s'engager au côté du peuple palestinien dans sa lutte, voici deux textes qui donnent bonne mesure de la situation actuelle et de la teneur des nouvelles décisions militaires prises par Tel-Aviv. Bien entendu, les médias se sont faites timides pour relayer cette information, pourtant de premier plan.


Communiqué de l'AFPS, le 13 avril 2010

Netanyahou menace les Palestiniens d’expulsions massives



Jamais, depuis 1967, Israël n’avait menacé d’expulsion autant de Palestiniens. Les nouveaux ordres militaires, dits de « prévention des infiltrations » et « concernant les mesures de sécurité », qui entrent en vigueur ce 13 avril, lui permettront de chasser – ou d’emprisonner pour 3 à 7 ans – des dizaines de milliers d’habitants de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie, même s’ils en sont originaires et y sont nés.

Ces ordres visent en effet quiconque ne possède pas un permis israélien, lequel n’avait pas été exigé jusqu’ici de la plupart des résidents des territoires occupés et que souvent ceux-ci ne peuvent obtenir aujourd’hui.

Les dirigeants sionistes ont toujours été obsédés par la démographie : ils ont toujours visé l’occupation et la colonisation de la terre palestinienne, mais aussi le « transfert » de la population qui y vit. Cette stratégie a connu son apogée en 1948, avec l’expulsion de 800 000 Palestiniens devenus, ainsi que leurs descendants, des réfugiés dont le droit au retour n’a jamais pu s’exercer, puis en 1967, avec celle de 400 000 autres. Benyamin Netanyahou a-t-il décidé d’appliquer les dernières volontés d’Ariel Sharon, qui répétait sans cesse, avant son accident cérébral : « La guerre de 1948 n’est pas terminée » ?

Après l’annonce de la construction de 1 600 nouveaux logements dans la colonie israélienne de Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est, cette nouvelle provocation viole en tout cas grossièrement la IVe Convention de Genève, qui interdit notamment à toute puissance occupante de déplacer les hommes et les femmes dont elle a pris la responsabilité. C’est dire que les dirigeants américains et européens, qui multiplient depuis plusieurs mois les discours critiques sur la politique du gouvernement israélien, se trouvent au pied du mur : vont-ils transformer leurs paroles en actes ?

C’est a fortiori le cas du président Nicolas Sarkozy et de son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui font preuve, depuis près de trois ans, d’une complaisance coupable à l’égard d’Israël. Seules des sanctions sévères peuvent arrêter le cours belliciste de Tel-Aviv : il est temps de convaincre nos partenaires de l’Union européenne de suspendre l’accord d’association avec Israël tant que celui-ci ne respectera pas le droit international.

Paris le13 avril 2010
Association France-Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris

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Source: Courrier International

14.04.2010 | Joharah Baker | MIFTAH

Des milliers de Palestiniens menacés d'expulsion

Coup de colère du site MIFTAH contre la décision israélienne d'expulser de Cisjordanie les Palestiniens domiciliés à Gaza ou à l'étranger. Il ne s'agirait pas de mesures de sécurité, mais d'une volonté d'aggraver les conditions de vie déjà difficiles des Palestiniens, affirme le webzine.

Bientôt, la Cisjordanie regorgera de criminels. Pour éviter que l'imagination du lecteur ne s'affole, précisons d'emblée que ce n'est pas parce que la mafia a décidé de s'établir à Ramallah ou qu'un patron de la drogue sud-américain s'est installé à Naplouse avec tout son cartel. Non, c'est que les Palestiniens de Cisjordanie, dont la plupart vivent paisiblement dans leur foyer depuis des années, se trouvent, depuis le 13 avril, dans la position peu enviable d'"infiltrés", en vertu de deux nouveaux ordres militaires israéliens. Selon ces documents signés en octobre 2009 et qui entrent en vigueur actuellement, toute personne qui réside en Cisjordanie sans justification "légale" est passible d'expulsion ou d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à sept ans. Il s'agit en fait d'une reformulation d'un ordre de 1969 qui visait à empêcher Arabes et Palestiniens de pénétrer dans des pays "hostiles".

Concrètement, cela signifie que des milliers de Palestiniens domiciliés dans la bande de Gaza ou d'épouses de Palestiniens ayant un passeport étranger seront considérés comme des criminels. Selon l'article du journal Ha'Aretz qui a révélé les faits, ces ordres, dont la rédaction manque de rigueur, incluent aussi les enfants de Palestiniens de la bande de Gaza installés en Cisjordanie. Les Palestiniens de Jérusalem ne sont pas épargnés non plus, car beaucoup ont épousé des habitants de Cisjordanie et vivent de l'autre côté du mur pour des raisons pratiques et économiques. Ce groupe de personnes faisait déjà l'objet d'une étroite surveillance des Israéliens en raison de leur statut précaire de résidents permanents de Jérusalem ne vivant pas dans les limites de la municipalité autoproclamées par Israël.

En mettant tous ces groupes ensemble, on peut se faire une idée du nombre de plus en plus réduit de Palestiniens autorisés à vivre paisiblement chez eux. En apparence, les deux nouveaux ordres peuvent sembler simplement insensés, dans la mesure où ils considèrent des Palestiniens comme des criminels pour l'unique raison qu'ils vivent sur le territoire palestinien. Mais, quand on gratte un peu, on voit pointer l'hydre du racisme et de l'expansionnisme israéliens. Ce qui est en jeu ici n'est pas le prétexte de "légalité" ou de "sécurité" invoqué par Israël pour justifier ses mesures draconiennes à l'encontre des Palestiniens. Il s'agit des objectifs à long terme d'Israël, de sa convoitise à l'égard des terres palestiniennes et de son principe machiavélique selon lequel la fin justifie toujours les moyens.

Les quarante-trois dernières années [depuis la guerre de 1967] ont été une suite d'efforts israéliens pour rendre la vie la plus difficile possible, si ce n'est impossible, aux Palestiniens. Aujourd'hui, Jérusalem est complètement isolée de la Cisjordanie, les Palestiniens n'étant autorisés à y pénétrer qu'avec de très rares permis journaliers délivrés par les Israéliens. La bande de Gaza est encore plus isolée, ses 1,5 million d'habitants étant coupés du monde extérieur et de leur propre environnement palestinien. Qui plus est, les voyages en Cisjordanie ne sont pas de tout repos, avec les quelque 600 points de contrôle israéliens établis le long du mur israélien, qui, dans certaines régions, sépare les Palestiniens d'autres Palestiniens.

Ces deux nouveaux ordres seront donc catastrophiques pour un nombre incalculable de familles. Les mariages "mixtes" entre des habitants de Jérusalem et de Cisjordanie posent déjà suffisamment de problèmes comme ça. Qu'en sera-t-il des procédures de réunification des familles ou du maintien d'un "lieu de vie" à Jérusalem pour conserver un statut de résident ? Qu'adviendra-t-il des familles dans lesquelles la mère est originaire de Gaza ? Et des jeunes de Gaza qui font leurs études dans des universités cisjordaniennes ? Avec l'entrée en vigueur de ces ordres, Israël disposera d'une base juridique pour les renvoyer dans la prison à ciel ouvert qu'est la bande de Gaza. Peu importe qu'ils aient des familles, des enfants et des emplois en Cisjordanie. Tout cela n'a aucune espèce d'importance quand on vous considère comme un criminel. Cela va sans dire que ces ordres ne concernent pas les centaines de milliers de colons juifs illégaux qui vivent sur les terrains confisqués de la Cisjordanie.

Un article traitant du sujet est disponible sur le site "le grand soir" à l'adresse suivante: http://www.legrandsoir.info/Un-nouvelle-disposition-de-l-armee-israelienne-va-permettre-la-deportation-en-masse-des-Palestiniens-de-Cisjordanie-Haaretz.html


jeudi 15 avril 2010

VALLS fait son fayot ! Chercherait-il du boulot chez Sarko ?

Les masques seraient-ils en train de tomber ? A en croire le texte reproduit ci-dessous et de la plume de Bernard GENSANE (Le Grand Soir), ce serait bien le cas. Valls a cru bon de critiquer la grève des cheminots en cours et n'a pas manqué de se faire "tarter" par des camarades de la CGT. Dans la foulée, "le blog indépendance des chercheurs" est venu nous rafraichir la mémoire, entre autre à propos des méfaits de Valls au sein des arcanes du pouvoir, au coté de Jospin. Au passage, l'article nous informe sur les idées "novatrices" du "faux derche" de Solferino et ce, au sujet des retraites. Éloquent ! Si ce sont des socialistes de ce bois qui défendent nos intérêts face aux projets de Sarko et ses sbires, inutile de vous faire un croquis: "nous allons manger chaud !"

"Hardi les gars !", nous AES quand le goudron et les plumes sont de sortie, nous sommes pris d'une immense allégresse et contribuons à peaufiner l'ouvrage en relayant l'information. Valls a les oreilles décollées et c'est certainement à force de se les faire tirer. Pour notre part, nous n'aggraverons pas son cas (pour ce qui est des oreilles). Par contre en ce qui concerne le bottage de train arrière, ce sera double ration ! C'est décidé, les sociaux-libéraux et autres modernistes (déclarés ou clandestins) sont dans le collimateur et nous allons nous occuper de leur cas. Des pédigrées de premier ordre vont voir le jour et les DSK, Kouchner, Valls, Aubry, Royal, Jospin, Hollande (et on en oublie) vont se voir rappeler leurs bons et loyaux services rendus au libéralisme, leur contribution à la casse du service public, bref en résumé, l'inventaire de leurs "lâchetés" et trahisons.

Pas de quartier pour les pleutres ! Bonne lecture.

Le dirigeant socialiste Manuel Valls s’est prononcé contre la grève des cheminots qui « coûte 20 millions d’euros tous les jours ».

Valls vient de publier un livre intitulé Pouvoir. On pourrait épiloguer sans fin sur ce titre. Mais ne nous livrons pas à de la psychanalyse de comptoir.

Valls propose de réformer les retraites de concert avec la droite. Dans le consensus. Et dans la « pédagogie ». Il faut continuer à remettre en cause les régimes spéciaux, aligner le public sur le privé. Sans nivellement par le bas. Ah bon ? Proposer un système de retraite « à la carte ». Il faudra cotiser 43 annuités. Pas de tabou ! Ne pas « s’accrocher à des acquis dépassés ».

Revenons aux cheminots qui n’ont pas vraiment apprécié l’injonction de Valls. Ces travailleurs luttent, entre autre chose, contre la privatisation de la SNCF (qui a commencé il y a des années de manière subreptice et pas vraiment franche) et donc contre la fin de leur statut d’employés d’une entreprise de l’État.

À Valls, des militants cégétistes du Nord-Pas-de-Calais viennent de répondre ceci (repris par le site Bella Ciao) :

« En cette journée d’action de grève chez les Cheminots, certaines personnes bien intentionnées nous ressortent : « C’est une GREVE CORPORATISTE ».

Alors :

Si empêcher de mettre 1000 camions en plus par jour sur les routes, c’est corporatiste,

Si améliorer la sécurité des transports en empêchant de faire reculer les conditions sociales et de travail des cheminots, c’est corporatiste,

Si dénoncer la politique de la SNCF qui est à l’inverse du "développement durable" et du grenelle de l’environnement, c’est corporatiste

Si demander à avoir plus de moyens humains et matériels pour donner un service de qualité aux usagers, c’est corporatiste,

Si dénoncer les dérives possibles en matière de Sécurité, c’est corporatiste

Si dénoncer que la SNCF met un maximum de moyens sur le TGV et pas sur le TER, alors que c’est le TER qui est du ressort du Service Public, c’est corporatiste,

Si, si, si ....... nous pourrions donner des exemples comme ceux là par dizaines, alors si c’est cela être corporatiste, OUI les Cheminots sont corporatistes du Service Public au service du public.

Les Cheminots, comme beaucoup d’autres salariés, sont soucieux de l’avenir des acquis sociaux, de la planète et des hommes et des femmes qui y habitent, ils sont des penseurs d’avenir !!!

Alors OUI, la CGT appelle à Agir pour ne pas Subir, parce que les moyens existent, les Françaises et les Français et parmi eux les cheminots valent plus que les banques. Alors que le gouvernement a trouvé les moyens en injectant des milliards pour sauver les banques, pourquoi n’aurait-on pas les moyens pour sauver nos acquis sociaux ? Lorsque l’on voit le nombre de suicides, de dépressions que suscite la soit disante crise, dont nous ne sommes en rien responsable, oui les salariés ont raison de lutter, non les cheminots ne sont pas des égoïstes qui luttent pour des privilèges, ceux qui ont des privilèges se sont les patrons du CAC 40 qui ont vu leurs salaires croître à la vitesse du TGV, pendant que celui des cheminots se smicardisait ! »

Le blog Indépendance des chercheurs rétorque, quant à lui, ceci :

« Le 8 avril, les médias commentent le désaveu public adressé par le dirigeant et élu du Parti Socialiste Manuel Valls à la grève des cheminots. Valls, qui fut l’un des participants à la rencontre de Bilderberg d’il y a deux ans, se plaint hypocritement du “ coût ” de la grève mais se montre beaucoup moins bavard sur celui de la casse des services publics. Sous la “ gauche plurielle ”, Manuel Valls fut notamment chargé de la communication et de la presse au cabinet du Premier ministre Lionel Jospin, en pleine frénésie de privatisations, de définition de stratégies de démantèlement des services publics et de planification de la casse sociale. Cette politique, commencée il y a environ ving-cinq ans, poursuivie depuis par tous les gouvernements et renforcée par la mise en place progressive des structures marchandisées de l’Union Européenne, menace l’ensemble des services publics. Elle correspond également à l’application de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis 1994. Le samedi 10 avril, une assemblée générale de défense de l’éducation publique, de la maternelle à l’université, est prévue à Paris, au centre Censier. »

Tout pouvant arriver en politique (Sarkozy était dans les choux il y a moins de dix ans), Manuel Valls sera peut-être le prochain Président de la République française. Quand on l’écoute à la radio, ce qui frappe à l’oreille, c’est qu’il a le phrasé de François Hollande. Mais il a un gros avantage sur lui : huit ans de moins. Ils sont unis dans leur amour pour le social-libéralisme (ne jamais oublier que, dans cet expression, le mot important, le substantif, c’est libéralisme).

On vient toujours de quelque part. Si j’en crois Wikipédia (je n’ai pas d’autres lumières le concernant), Valls vient d’un milieu – catalan certes – mais aisé. Son père était artiste-peintre, sa mère enseignante. Un de ses grands-pères, nous dit-on, « cacha des prêtres persécutés par les trotskistes et les anarchistes ». Ce grand-père était peut-être « républicain et catholique », les prêtres persécutés étaient forcément franquistes, anti-républicains, en faveur de l’ordre du sabre et du goupillon.

Toujours selon Wikipédia, Valls se dit « blairiste », du nom de Anthony Blair, un Premier ministre travailliste qui est allé, dans bien des domaines, plus loin dans la casse du monde du travail que la conservatrice Margaret Thatcher. Il se dit également (collons-nous des étiquettes anglo-saxonnes, ça fera plus joli) « clintonien », du nom de William Clinton, un Président des États-Unis qui a fortement contribué a repousser le Parti démocrate toujours plus vers la droite, un parti dont Valls voudrait que le sien s’inspirât davantage pour entrer dans la modernité.

En bon présidentiable, Valls sait faire la girouette. Il fut proche de Rocard, puis de Jospin. Lors du débat de 2005 concernant le Traité constitutionnel européen, dernier vrai débat contradictoire que la France ait connu, il se déclara en faveur du non, puis du oui après le vote interne au parti. Il fut du nombre des élus PS qui trahirent le vote du peuple français en ratifiant le Traité de Lisbonne en 2007 lors du Congrès du Parlement français. Valls est, par ailleurs, un obsédé de la sécurité (« Policing the poor », comme on dit outre-Manche). Son ancienne épouse travailla pour la société d’Alain Bauer, AB Associates, spécialisée dans les problèmes de délinquance, de sécurité, de « veille stratégique », d’« assistance à la gestion de crise ». Conseiller de la police de New York (ce qui n’est pas donné à tout le monde) et de Sarkozy, Bauer fut membre de l’Unef à la même époque que Valls, membre du Parti socialiste, et surtout président du Grand Orient de France, où Valls fit un passage éclair (toujours la girouette).

Si Valls accède un jour à la seule fonction digne de lui à ses yeux, nous serons bien gardés.

Bernard GENSANE


Michel Sabbah : "Le Hamas nous protège"

Oui, vous avez bien lu ! Voici donc ce que vient de déclarer l'ancien Patriarche latin de Jerusalem à l'hebdomadaire "La Vie". Avouez que la propagande et autres gribouillis de la presse occidentale en ramassent pour leur grade, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Quand un représentant religieux chrétien nous dit que "l'expansion de l'Islam est un fantasme", cela ne peut que nous redonner du cœur à l'ouvrage et nous encourage dans notre tâche modeste qui vise à donner à chacun la possibilité d'acquérir des grilles de lecture différentes.

  • Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette  image. Publié le : lundi 5 avril
  • Source : LaVie.fr

Tranchant sur le pessimisme ambiant, l’ancien patriarche latin de Jérusalem, 77 ans, veut toujours croire à la cohabitation harmonieuse avec l’islam.

Quelle est la situation des chrétiens de Palestine ?

Elle est la même que pour tous les Arabes de Palestine. Chrétiens ou musulmans, nous faisons partie d’un même peuple, d’une même culture, d’une même histoire. Un peuple qui est en conflit avec un autre peuple. Un peuple occupé militairement qui n’a pas besoin de compassion, mais de justice. Dans un contexte politique très tendu, nous essayons de faire face au même défi. Qu’est-ce qu’être chrétien ? C’est être envoyé à une société, à un monde que nous n’avons pas choisi parce qu’il nous est donné. Notre vocation est donc d’être chrétien dans une société arabe et majoritairement musulmane. C’est une expérience que nous connaissons bien, nous avons plusieurs siècles d’histoire commune derrière nous.

Pourtant, aujourd’hui, on parle de persécutions antichrétiennes…

Des incidents individuels entre musulmans et chrétiens peuvent parfois prendre une dimension communautaire. Dans ce cas, il existe des médiateurs, des familles reconnues pour leur sagesse et leur autorité, capables de régler les conflits. Mais, je peux en témoigner, en Palestine, cela n’est jamais allé plus loin. Aucun massacre, aucun attentat contre les églises, aucune persécution ouvertement antichrétienne. Même à Gaza, les chrétiens sont protégés par le Hamas, souvent présenté comme une organisation terroriste.

Est-ce la même chose en Irak ?

Non, là-bas les chrétiens sont victimes de la violence et sont tués parce qu’ils sont chrétiens. Mais il s’agit de motivations politiques, non religieuses. Les extrémistes espèrent ainsi déstabiliser le pays. Beaucoup de sunnites ou de chiites sont tués pour les mêmes raisons. Il ne sert à rien d’accuser l’islam de tous les maux. Travailler à la paix et à la justice, en Irak comme ailleurs, est le meilleur moyen d’éviter un exode massif des chrétiens d’Orient. Un problème politique doit trouver une solution politique.

Que répondez-vous à ceux qui défendent l’idée d’un choc des civilisations ?

Il y a un choc, mais il n’est ni religieux, ni culturel. Il est politique. L’Occident traite l’Orient, et ceux qui y habitent, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, comme des mineurs. Tant qu’il y aura ce rapport de dominant à dominé, on ne sortira pas de la spirale de la violence. Les racines du terrorisme mondial sont là. L’Orient n’est pas libre de son destin, il est soumis à la domination occidentale. Le problème, ce n’est pas l’islam, c’est la confrontation entre l’Orient et l’Occident. Le colonialisme historique a cédé la place à un autre colonialisme, plus larvé, mais non moins réel.

Vous n’avez donc pas peur de l’expansion de l’islam ?

C’est un fantasme alimenté par ceux qui ne comprennent pas l’Orient, en général, et l’islam, en particulier. Tant que les Palestiniens se sentiront opprimés, tous les musulmans du monde se sentiront solidaires avec eux et pourront causer des perturbations à l’intérieur des sociétés où ils vivent. Il faut mettre fin à ce rapport du fort au faible entre l’Occident et le monde musulman et mener des actions d’éducation à la citoyenneté, au respect de l’autre. Développons une culture de coexistence active, apprenons à nous connaître, à vivre et à agir ensemble.


mardi 13 avril 2010

Médias muselés dans la Russie de Poutine

à l’Espace Méliès à LURE

vendredi 16 avril 2010 - 20h30 (entrée = 5.50€)

les Amis de l’Emancipation Sociale, les Amis du Monde Diplomatique Nord Franche Comté et Amnesty International Vesoul-Lure

vous invitent à découvrir le documentaire de Eric Bergkraut

Lettre à Anna

Suivi d’un débat sur le thème

Médias muselés dans la Russie de Poutine

avec Gérard Deneux Amis de l’Emancipation Sociale

et une représentante d’Amnesty International

Pendant des années, Anna Politkovskaïa, journaliste russe, pilier de la rédaction du courageux journal Novaïa Gazeta, mena un combat pour la vérité sur la guerre russe en Tchétchénie. Véritable icône de la lutte contre les mesures liberticides de Poutine et pour la liberté de la presse, elle fut assassinée le 7 octobre 2006. Chaque année des dizaines de journalistes, défenseurs des droits de l’Homme, avocats, militants associatifs sont assassinés sans que les exécutants, et a fortiori, les commanditaires, ne soient jamais découverts. Pendant ce temps, alors que Moscou muselle les médias, intimide les opposants, les dirigeants européens ne restent pas silencieux : ils plaident pour une nouvelle ère de coopération avec la Russie : projets avec Gazprom, vente de porte-hélicoptères ultramodernes français… Le capitalisme russe est-il devenu fréquentable ?

mardi 30 mars 2010

Eric Zemmour, Sacco & Vanzetti, Marx... propos d'un expert-journaliste du Figaro

Zemmour est raciste, ridicule, grotesque et tout ce qu'on voudra ! Par contre, il est indispensable qu'il continue à s'exprimer, car comme vous allez pouvoir le lire ci- dessous, quand il "cause dans le poste" et qu'on est attentif à ses propos, il y a de quoi rigoler aux larmes.

Sur Sacco et Vanzetti
(samedi 9 février 2008, « On n’est pas couché »). Face au chanteur Cali qui évoque le combat de son grand-père « pour les idées de Sacco et Vanzetti », Éric Zemmour assène :

« Sacco et Vanzetti, vous savez que maintenant on sait que c’étaient des types des services secrets russes. C’est pour vous que je dis ça. C’est la vraie histoire : c’est les archives du KGB qui sont maintenant ouvertes ».

C’est tout simplement faux : le grand historien Zemmour qui amalgame tout ce qu’il déteste confond Sacco et Vanzetti (anarchistes, innocents des crimes dont on les accusait, condamnés à mort, exécutés en 1927 et absous en 1977) avec les époux Ethel et Julius Rosenberg (condamnés à mort pour espionnage et exécutés en 1953 : leur degré de liaison avec le KGB n’est pas clairement établi et leur condamnation à mort reste, pour le moins, difficile à justifier). Heureusement, l’éminent Laurent Ruquier a corrigé : « Mais on s’en fout de Sacco et Vanzetti […] ». (Ruquier n'ayant pas inventé l'eau chaude, on comprend la teneur de son intervention)

- Sur Karl Marx (samedi 13 décembre 2008, « On n’est pas couché »)

Éric Zemmour, confronté à Jacques Attali, attribue la crise économique à l’immigration, et convoque Karl Marx à la rescousse.

- Jacques Attali : « L’immigration n’a absolument rien à voir avec la crise […] »
- Éric Zemmour : « Bien sûr que si […] »
- Jacques Attali : « Ça n’a aucun rapport »
- Éric Zemmour : « Marx l’explique très bien… »
- Jacques Attali « Non non. Marx ne parle de l’immigration d’aucune façon. »
- Éric Zemmour : « … "L’armée de réserve du capitalisme, c’est les immigrés et les chômeurs." »
- Jacques Attali : « L’armée de réserve du capitalisme, c’est les chômeurs, ce n’est pas du tout les immigrés. Ça n’a aucun rapport. On sait très bien que chômeurs et immigrés, ce n’est pas la même chose. […] »

Le grand marxologue Éric Zemmour a mal révisé ses fiches : même Jacques Attali connaît mieux Marx que lui.


Pour les gourmands, la suite est sur le site Acrimed (voir nos liens).

Il faut fermer la Bourse



"Avons nous besoin des actionnaires ?"

Pour nous aider à répondre à cette question, voici une petite interview de Frédéric Lordon (économiste de son état et bien connu des auditeurs de D. Mermet). F. Lordon a le sens de la formule et c'est donc drôle à lire. Cela nous change de Bernard Maris, le chienchien de Philippe Val...

Entretien avec Emmanuel Lévy, Marianne2, 8 mars 2010

vendredi 12 mars 2010, par Frédéric Lordon

Emmanuel Lévy : Dans un long papier paru dans le Monde Diplomatique vous préconisez la fermeture de la Bourse. Est-ce vos options politiques de dangereux gauchiste désireux de couper des têtes, ou vos motivations s’inspirent-elles d’une argumentation compatible avec un monde capitaliste ?

Les idéologues libéraux, qui ont l’amnésie intéressée, voudraient faire oublier cette période du fordisme dans laquelle la finance a été cadenassée, la Bourse inexistante… et la croissance étincelante. Or que je sache, le fordisme, ça n’était pas le Gosplan ni les soviets mais bien le capitalisme. Mais la vraie réponse à cette question est ailleurs. Elle consiste à dire que, dans la logique même des entreprises d’aujourd’hui, la Bourse est une aberration :

1) les entreprises vont moins s’approvisionner en capital à la Bourse qu’elles n’y vont s’en faire dépouiller, puisque ce que les actionnaires leur extorquent (en dividendes et en rachat d’actions) finit par l’emporter sur ce qu’ils leur apportent, de sorte que ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse ! ;

2) la contrainte actionnariale censure une part de plus en plus importante de l’investissement en écartant les projets jugés insuffisamment rentables (et l’« insuffisance » commence à 10 % voire 15 %...), par conséquent la Bourse est un frein au développement économique ;

3) les entreprises sont soumises par l’actionnaire à des contraintes de gestion (modes managériales successives, court-termisme…) incompatibles avec la conduite de moyen-long terme de projets industriels ;

4) et le comble du paradoxe est atteint lorsque les actionnaires finalement découragent eux-mêmes le financement par action puisque les nouvelles émissions ont des propriétés dilutives…

Mais la Bourse s’est imposée dans le paysage, tout comme la météo ?

C’est là typiquement le genre d’énoncé qui offre un concentré pur de l’idéologie néolibérale : la naturalisation des faits sociaux. Alain Minc n’est pas capable de bâtir un « argument » économique sans invoquer la loi de la pesanteur. Or la Bourse est une forme institutionnelle, elle n’est pas sortie du cul d’une poule ni tombée du ciel. Elle a été faite de main d’homme. Par conséquent elle peut être défaite s’il apparaît qu’on y a plus d’avantages que d’inconvénients — ce qui me semble notoirement le cas. Il y a eu un moment où on s’est dit que l’institution « monarchie de droit divin » était pénible. Elle a fini dans le même panier que la tête du roi et depuis ça va mieux. On pourrait dire cependant que c’est bien la loi de la pesanteur qui a fait tomber le couteau de la guillotine… Mutatis mutandis bien sûr — on n’est pas des sauvages — il se pourrait, vu sous cet angle, que MM. Minc & Co découvrent un jour un aspect de la loi de la pesanteur qui ne leur était pas apparu.

La Bourse de Paris n’est-elle pas déjà fermée ? Le palais Brongniart n’est-il pas depuis longtemps transformé en mini palais des Congrès ?

C’est la seule chose vraiment regrettable puisque ça rend plus difficile sa destruction physique, dont les bonnes propriétés symboliques et carnavalesques ne devraient pas être méconnues. Au moins mai 68 avait eu la possibilité de mettre le feu au palais Brongniart… Mais vous-même feignez l’innocence et savez bien que la Bourse existe, simplement sous la forme moins spectaculaire de très gros serveurs informatiques bien planqués quelque part — où d’ailleurs ? Question intéressante, n’est-il pas ?

Les évolutions techniques en matière de finance que vous évoquez (je pense que cela sera le cas…) ont-elles profondément modifié le rapport de force entre la finance et l’économie productive ?

C’est bien peu de le dire. Et c’est précisément parce que ce rapport de force s’est renversé du tout au tout qu’il est urgent de remettre des limites au capital actionnarial qui n’en connaît aucune et, de lui-même, ne s’en imposera aucune. C’est pourquoi les appels à la modération qui ont pour nom « moralisation du capitalisme » sont d’une indigence qui partage entre le rire et les larmes. L’emprise acquise sur les firmes par le capital actionnarial au travers de la configuration présente du capitalisme est un fléau qu’on ne réduira que par les mêmes moyens qui l’ont imposé : une transformation radicale de structures. Des contraintes de gestion aberrantes et des effets d’anti-financement résument ce fléau qui naît bien moins de la dépendance financière des entreprises aux apporteurs de capitaux (les capitaux, les « apporteurs » les leurs prennent !) que du contrôle des équipes dirigeantes par le cours de Bourse : si les actionnaires sont mécontents, des ventes font baisser le cours, l’entreprise devient opéable… et le patron éjectable. L’histoire récente du capitalisme est (en partie) l’histoire d’une lutte de puissance entre deux fractions du capital : le capital financier et le capital industriel, le premier ayant reçu de la modification des structures un pouvoir inédit qui lui a permis de déposséder le second de son ancienne souveraineté. Et de lui imposer tout et n’importe quoi. Et à la fin le capital industriel passe le mistigri au salariat…

Les promesses faites par la finance, en réalité celles issues de la libéralisation des marchés, avec à la clé plus de croissance, plus de richesse, n’ont-elles donc pas été tenues ? Après tout, sans la Bourse, pas de Google, non plus de Microsoft ?

C’est vous qui le dites et il faudrait un ou deux arguments pour le soutenir. Que des Google ou des Microsoft soient apparus pendant la période de déréglementation financière ne prouve nullement que celle-ci soit la cause sine qua non de ceux-là. La seule chose dont on soit certain est que, sans Bourse, pas de Bill Gates et de Larry Page multi-milliardaires… On ne peut pas dire que ce soit un avantage économique indéniable. Il est vrai cependant que le financement des start-ups technologiques est l’argument de dernier recours pour justifier la finance actionnariale mais au travers de ce compartiment très spécial et en fait très étroit de l’amorçage et du venture capital. La perspective de l’introduction en Bourse y est présentée comme stratégique précisément du fait que le financement de l’innovation radicale est hautement incertain, finit mal neuf fois sur dix, et qu’il faut décrocher le pompon sur la dixième pour rattraper les neuf autres. Mais une telle économie de la péréquation est très concevable hors de la Bourse et on pourrait parfaitement l’imaginer opérée au travers d’instruments de dette un peu sophistiqués à base de taux d’intérêt variables indexés sur les profits des start-ups par exemple. Rien dans leur financement ne justifie incontestablement de maintenir un passage par la Bourse, à part le désir de l’enrichissement hors de proportion de créateurs d’entreprise et de business angels mus au moins autant par le projet de faire fortune que par celui de créer quelque chose.

Pour ce qui est de la contribution de la finance à la croissance, je vous suggère de comparer le taux de croissance moyen des trente glorieuses, donc sans finance dérégulée et avec une Bourse croupion (5% l’an en moyenne), et celui de la période de hourrah-dérégulation depuis deux décennies. L’affaire est vite vue. Et ceci n’est nullement un plaidoyer passéiste mais simplement l’idée — logique — qu’un contre-exemple suffit à ruiner une généralité. Dont nous ne devrions donc plus être prisonniers.

La fermeture de la Bourse peut elle s’envisager dans un seul pays ?

Pour le coup oui ! Ce sont toutes les mesures « intermédiaires » qui font hurler au péril de la fuite des capitaux. Mais en fermant la Bourse, c’est nous qui mettons les capitaux à la porte ! Et pour autant ceci ne signifie nullement une économie privée de fonds propres. L’idéologie actionnariale a fini par faire oublier que les capitaux propres, ce sont les entreprises qui les sécrètent par leurs profits… dont elles vont se faire dépouiller à la Bourse. L’autofinancement, le crédit bancaire et éventuellement des marchés obligataires constituent un mode de financement tout à fait viable de l’économie.

Une fois la bourse fermée, ou iraient les cerveaux bien formés que les super rémunérations issues de la finances attirent dans les salles de marché ?

De deux choses l’une, ou bien ils foutraient le camp et iraient exercer leurs nuisances ailleurs, ou ils mettraient leurs supposées intelligences au service d’activité socialement plus utiles et dans les deux cas on ne s’en porterait que mieux. Il est grand temps de se désintoxiquer de l’idéologie des « compétents », dont l’incompétence est pourtant spectaculairement démontrée jour après jour, mais dont il faudrait néanmoins satisfaire toutes les exigences sous la menace de les voir partir. La question des bonus et des rémunérations est entièrement captive de cette grande illusion. Je dis que le départ des « meilleurs » traders est une bénédiction : 1) ne resteront que les moins finauds auxquels il faudra ne confier que les produits les moins sophistiqués… donc les moins risqués ; 2) si le problème économique posé par les bonus ne doit pas être sur-estimé, le problème politique de justice sociale et d’inégalités obscènes est lui de première importance, c’est pourquoi, non pas limiter mais interdire les bonus, et éventuellement faire fuir les traders, est une solution à envisager très sérieusement car ces extravagantes rémunérations ont le caractère d’un trouble à l’ordre public ; 3) la finance est un pôle d’attraction qui a profondément distordu l’allocation du capital humain dans la division du travail en captant des esprits qui seraient infiniment mieux employés ailleurs. Quant aux « compétents » non traders, s’ils savaient… Il y en a quinze derrière eux qui feraient le travail aussi bien qu’eux.

En fait, ce n’est pas vraiment la fermeture de la Bourse que vous prônez, mais une sorte de ralentissement de son cours, que vous décrivez comme infernal. En quoi, la fin de la cotation permanente, c’est à dire en continu des titres est-elle apte à redistribuer les cartes ?

Mais si mon bon monsieur, c’est bel et bien la fermeture de la Bourse que je prône ! Je concède que c’est un peu rude à avaler… Cependant pour les petits estomacs, j’ai une sorte de formule à la carte, avec un étagement de recettes anti-actionnariales rangées dans l’ordre de l’épicé croissant. En amuse-bouche, je propose, en effet, de commencer par une formule de « ralentissement » en abolissant la cotation en continu, remplacée par un fixing mensuel (ou plurimestriel). Puis on entre dans le roboratif avec le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin) qui est un impôt non pas sur les profits d’entreprise (comme on le lit parfois) mais sur la rentabilité actionnariale, et qui plus est un impôt de plafonnement : c’est-à-dire qui prend tout au-delà d’un certain seuil maximal autorisé de rentabilité, le but de la manœuvre étant de cisailler les incitations actionnariales à pressurer toujours davantage les entreprises puisque tout ce qu’elles leur feront cracher en plus pour les actionnaires leur sera confisqué. Le plat de résistance bien sûr, c’est la fermeture de la Bourse elle-même. Chacun puisera là dedans selon son appétit politique et la conjoncture du moment.

Pensez-vous que les partis de gauche de gouvernement soient capables d’intégrer vos arguments ?

Les partis de gauche de gouvernement mangent des graines et font à peine cuicui.

lundi 29 mars 2010

Goldman Sachs ... Oooohhhh les vilains !

Ne boudons pas notre plaisir. Ce petit extrait d'un article trouvé sur une lettre d'information boursière ne manque pas de sel et nous dresse le pédigré d'un escroc notoire, à savoir Henry Paulson.

"Vous savez sans doute qu'il était Secrétaire au Trésor US du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'il a également été président de Goldman Sachs entre 1999 et 2006.

Pratique, non ? Pendant qu'il était à la tête de Goldman, il a contribué à créer la bulle de dette hypothécaire subprime. Excellent pour les affaires de Goldman. Au plus haut de la bulle, en 2005, les employés de Goldman Sachs ont gagné en moyenne 521 000 $ par an -- secrétaires comprises -- soit 58 fois le salaire minimum européen. Paulson lui-même a gagné 38 millions de dollars cette année-là.

Puis la dette des subprime a explosé... causant une réaction en chaîne dans le monde de la finance qui a effacé l'équivalent de 30 000 milliards de dollars d'actifs.

Mais chez Goldman Sachs, on s'en est sorti comme... eh bien, comme des bandits. Tout en vendant de la dette subpirme à ses clients -- dont des hopitaux, des universités et des fonds de pension -- Goldman a utilisé son propre argent pour parier contre cette dette. Autant vendre une voiture pleine de défauts dangereux à une vieille dame... pour ensuite prendre une assurance-vie dessus.

Puis, lorsque l'un des paris de Goldman a mal tourné -- AIG -- Paulson est intervenu depuis son poste de Secrétaire au Trésor US, et a mis en place un renflouage de 85 milliards de dollars pour la banque, dans le cadre d'un plan de sauvetage plus vaste encore, à 700 milliards de dollars. Goldman s'en est sorti plus riche et plus puissant que jamais."


Moraliser le capitalisme ???!!!!! Quelle drôle d'idée !!!

Les Arabes et la Shoah



vendredi 9 avril - 20h30 - Gilbert Achcar à la Maison du Peuple
de Belfort

La prochaine conférence des AES à laquelle Alain Finkielkraut n'assistera pas. Si vous ne le supportez pas, venez sans hésiter, il n'y a aucune chance qu'il soit là.

Publié par Gilbert Achcar, fin 2009, aux Editions Sindbad-Actes Sud, Les Arabes et la Shoah contribue de manière décisive à la déconstruction d’un thème central de la propagande pro-israélienne, comme l’a confirmé une récente émission d’Arte (voir : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-08-Grand-mufti).

Comme vous le savez, celle-ci bute sur un puissant argument de bon sens : pourquoi les Palestiniens, qui n’ont eu aucune part au génocide des Juifs, devraient-ils être les victimes de sa réparation ? D’où l’exploitation éhontée du rapprochement, dans les années 1940, entre le Grand mufti de Jérusalem et le IIIe Reich : pour impliquer à tout prix les Palestiniens dans la Shoah et, indirectement, justifier leur dépossession.

Non seulement Gilbert Achcar apporte un éclairage exhaustif sur ce sombre épisode, mais il étudie longuement les rapports du mouvement national palestinien et arabe avec l’idéologie fasciste et nationale-socialiste.

Il s’agit d’un livre majeur, qui, sans doute pour cette raison, a fait l’objet d’une censure implacable dans les médias français.

Collaborateur du Monde diplomatique, Gilbert Achcar est originaire du Liban, qu’il a quitté en 1983. Il a été enseignant à l’université de Paris-VIII, puis chercheur au centre Marc-Bloch de Berlin, avant d’être nommé professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres. Auteur traduit en plus de quinze langues, il a notamment publié Le Choc des barbaries (2002, 2004) ; L’Orient incandescent (2003) ; La Guerre des 33 Jours (2006, avec une contribution de Michel Warschawski) ; et, conjointement avec Noam Chomsky, La Poudrière du Moyen-Orient (2007).

samedi 27 mars 2010

Faire de la politique ou vivre de la politique ?

Texte paru sur le blog du Monde Diplomatique. L'auteur, Rémy Lefebvre nous rendra visite le 31 mars à Belfort (20H30 à la Maison du Peuple) et nous aborderons une thématique pointue, histoire de casser l'ambiance 'euphorique" post Régionales.

Exclus durablement du pouvoir national en France, les partis de l’ex-gauche plurielle se sont repliés sur leurs bases locales et sur leurs réseaux d’élus, s’accommodant d’une situation qui leur assure de nombreux postes à répartir. Le Parti socialiste, le Parti communiste français et les Verts sont ainsi devenus des machines électorales, relativement performantes sur le plan municipal, départemental ou régional, dans lesquelles les intérêts de milliers de professionnels de la politique semblent désormais prédominer. Il semble loin le temps où la gauche combattait la notabilisation de ses élus. La lutte des places tend à se substituer à celle des classes, coupant les partis de gauche des revendications et du vécu quotidien des groupes sociaux qui les soutenaient traditionnellement (ouvriers, employés, enseignants). Et alors même que flexibilité et précarité frappent durement ces milieux et que la crise a fissuré les dogmes libéraux, ce sont les querelles de chefs et les savants calculs pour la composition des listes électorales qui dominent les débats.

Par Rémy Lefebvre

Les élections européennes passées, les partis de l’ancienne gauche plurielle sont préoccupés, en cette rentrée, non par la crise économique et sociale, mais par les préparatifs des régionales de 2010 et l’épineuse question de la composition des listes. Le mode de scrutin proportionnel confère aux formations politiques un rôle essentiel qui leur permet de rétribuer ou de reconvertir tout un ensemble de responsables (anciens battus, aspirants à la carrière politique sans ancrage municipal, collaborateurs ou proches d’élus, adjoints de grandes villes, responsables de courants…).

Les associés-rivaux socialistes, écologistes et communistes ont beaucoup à perdre ou à gagner dans cette bataille. Le Parti socialiste (PS) cherche ainsi à préserver la quasi-totalité des régions (vingt sur vingt-deux) qu’il dirige depuis son écrasante victoire de 2004. Sa première secrétaire, Mme Martine Aubry, a déjà concédé aux présidents sortants une grande liberté dans les stratégies d’alliance et la composition des listes pour permettre d’en conserver le maximum. Le pragmatisme électoral est désormais de mise.

Les Verts, dont la structuration locale dépend de leurs cent soixante-dix élus régionaux, entendent capitaliser leur succès aux européennes de juin dernier et construire un nouveau rapport de forces avec le PS en vue des prochaines législatives. Le Parti communiste français (PCF), enfin, hésite entre la poursuite du Front de gauche et une alliance classique avec le PS, moins aventureuse, qui aurait l’avantage de lui assurer d’emblée un minimum de mandats. L’intérêt des appareils politiques prime ici sur toute autre considération : les enjeux internes à la gauche ont pris le pas sur les préoccupations externes et les intérêts des groupes sociaux qu’elle est censée défendre.

Depuis 2002, la gauche se trouve dans une situation paradoxale. Affaiblie nationalement, écartée de la sphère du pouvoir d’Etat, idéologiquement dominée, privée de toute perspective structurante, elle n’a jamais autant prospéré localement. Le PS et les Verts ont accru de manière notable leur nombre d’élus, dont les pouvoirs ont été renforcés avec la décentralisation. Le PCF, dont les scores aux élections présidentielles sont catastrophiques, parvient à maintenir une présence parlementaire grâce à ses maires et survit grâce à ses réseaux d’élus. La « logique des élections intermédiaires » pénalise aujourd’hui les gouvernements de droite en place. En rééquilibrant localement le partage du pouvoir, elle assure une rente de situation aux partis de gauche, qui font ainsi vivre des milliers de professionnels de la politique dont les logiques de carrière pèsent en retour sur les stratégies partisanes.

Le développement de l’intercommunalité depuis 1999 (communautés de communes et d’agglomération, communauté urbaine) a contribué à augmenter fortement les rémunérations électives et à professionnaliser un nombre croissant d’élus qui vivent de et pour la politique. La question sensible des indemnités et du métier, occultée et déniée publiquement, joue en coulisse un rôle essentiel et surdétermine tout un ensemble de prises de position et de stratégies. Le PS est par exemple incapable de forger une position commune sur la réforme des collectivités territoriales, tant les intérêts départementalistes et régionalistes de ses représentants divergent.

La gauche se structure ainsi de plus en plus par rapport à une spécificité institutionnelle française : la quantité importante de mandats électifs liés à l’empilement des institutions locales. C’est d’ailleurs ce marché des postes électoraux que le président Nicolas Sarkozy cherche à tarir dans le projet de réforme des collectivités locales annoncé comme un temps fort de la fin de son quinquennat. La création du mandat de « conseiller territorial » doit en effet permettre de réduire le nombre de postes de conseillers régionaux et cantonaux de six mille à trois mille.

Il est convenu depuis quelques années de parler de la « crise » du PS, confronté à des problèmes de direction, de divisions permanentes, et à la démobilisation de ses militants… Mais cette crise reste toute relative. Beaucoup de socialistes se sont repliés dans le confort de leurs bastions, et le parti vit plutôt une crise de croissance locale, qui a vampirisé le centre partisan. Jamais il n’a compté autant d’élus. Les présidences socialistes des conseils généraux sont en progression constante : vingt-trois en 1994, trente-cinq en 1998, quarante et un en 2001, cinquante et un en 2004. Et, à l’issue des victoires remportées cette année-là, il totalisait six cent quatre-vingt-quatorze conseillers généraux et six cent quarante conseillers régionaux.

Le PS comprend en outre un nombre considérable de maires (deux mille neuf cent treize en 2005), auxquels il faut ajouter conseillers municipaux, adjoints et élus communautaires. Il a obtenu un succès historique aux dernières élections municipales, qui a encore accru de manière appréciable ses ressources institutionnelles. Il est même en passe d’être majoritaire au Sénat pour la première fois de son histoire.

Une dépolitisation du discours local

Ces conquêtes de postes nouveaux n’empêchent pas un très faible renouvellement des élites, de plus en plus vieillissantes. Les chances de faire une carrière au sein du PS apparaissent extrêmement restreintes pour tous ceux qui ont intégré le parti après 1981. Beaucoup de jeunes maires et/ou conseillers généraux élus à la fin des années 1970, ou de jeunes députés sans mandat antérieur portés par la vague rose de 1981, sont toujours en place, même s’ils ont changé de mandat en cours de chemin. Un tiers des députés désignés en 1978 et 1981 avaient moins de 40 ans lors de leur élection. Ce pourcentage a baissé régulièrement, pour atteindre 9,9 %en 1997 (année pourtant faste, avec deux cent cinquante-quatre élus) et seulement 4,2 % en 2002. L’âge moyen des députés est, en 2006, de 54 ans, soit à peu près ce qu’il était avant 1971.

Dans ce contexte, chez de nombreux dirigeants socialistes, les vieux réflexes « molletistes » resurgissent : « Laissons le pouvoir à la droite, il y a trop de coups à prendre dans un environnement économique hostile à la social-démocratie, replions-nous sur nos positions locales qui font vivre le PS. » Les élus en place mesurent bien qu’une hypothétique victoire socialiste à l’élection présidentielle aurait mécaniquement, par la logique des « élections intermédiaires », des effets négatifs sur leur ancrage local. Ils se désolidarisent ainsi du devenir national de leur organisation et cultivent leurs fiefs.

Mais à quoi sert, au juste, le pouvoir local ? Les contours du « socialisme municipal » demeurent particulièrement flous, et son exercice ne paraît pas favoriser la politisation. Le local, pourtant doté de marges de manœuvre réelles avec la décentralisation, malgré le désengagement de l’Etat — et la forte baisse des moyens dans les villes ouvrières —, ne semble plus représenter un levier de transformation sociale (comme ce fut le cas dans les années 1970). On se défend de « faire de la politique » à ce niveau, pensé comme relevant essentiellement de la gestion.

Le programme socialiste municipal de 2007 n’était qu’une vague déclaration de principes qui n’inspira que secondairement les candidats. Les régions arrachées à la droite en 2004 devaient se transformer en « vitrines » du socialisme. Il n’en fut rien. Que sont devenus, par exemple, les « emplois tremplins » ? L’apolitisme tient souvent lieu de projet à des élus qui cherchent avant tout à conforter leur implantation et répugnent à un marquage partisan trop net de leur action. La dépolitisation du discours local n’est au total que l’envers de la notabilisation du parti.

La « proximité » suffit à faire un programme. Cette euphémisation politique contribue certainement à la mise en retrait des groupes les moins politisés et des catégories populaires, qui se sont largement abstenues aux élections municipales de 2007. Aucune règle nationale n’a véritablement prévalu dans la constitution des alliances locales lors de ce scrutin. Le PS laisse à ses notables une grande autonomie dans la définition des stratégies et le périmètre des alliances légitimes. Des accords avec le Mouvement démocrate (Modem) ont ainsi pu être conclus dès le premier tour en fonction de « contextes locaux », comme il en sera probablement de même aux prochaines régionales.

La part des élus dans le nombre total des adhérents s’en trouve accrue, renforcée encore par la véritable hémorragie d’adhérents que connaît l’organisation depuis plusieurs mois. Ceux qui ont des mandats tiennent de fait les sections et oscillent entre « malthusianisme » et « clientélisme ». Soit ils ne cherchent pas à développer le militantisme pour consolider leurs réseaux personnels et éviter que de nouveaux venus remettent en cause les équilibres établis, soit ils recrutent des personnes « sûres » et captives (salariés des collectivités locales, collaborateurs parlementaires...). Les congrès se construisent principalement autour du ralliement des grands élus et des fédérations à tel ou tel camp en présence. Mme Aubry a très largement fondé son assise à Reims, en novembre 2008, sur la puissante fédération du Nord, tandis que Mme Ségolène Royal s’appuyait sur celles des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault. Les courants, désidéologisés, ne sont plus que des coalitions fragiles d’intérêts contradictoires et des conglomérats de notables locaux. Aussi se révèlent-ils incapables de structurer durablement des rapports de forces.

La professionnalisation du PS travaille aussi le militantisme. Les intérêts professionnels et militants se confondent souvent. Nombreux sont ceux qui dépendent très directement des élus, en raison de la transformation de la fonction publique locale, de la multiplication des structures de cabinet à tous les niveaux des collectivités territoriales et des structures attachées au parti. La place numérique et stratégique occupée par les professionnels de la politique, croissante depuis une vingtaine d’années, en a bouleversé progressivement l’économie interne et l’économie morale. Les intérêts électoraux sont devenus prépondérants à tous les niveaux, ce qui cantonne les tâches d’élaboration programmatique et le travail militant le plus quotidien (en dehors des phases de mobilisation électorale) au plus bas de l’échelle des pratiques.

« Les élus,
et ceux qui veulent leur place »

Alors que se décomposent ses liens avec le monde du travail, les catégories populaires, les enseignants, les intellectuels, les associations, les syndicats… le PS se rétracte sur ses réseaux d’élus. De plus en plus replié sur ses jeux et enjeux propres, il est devenu un entre soi en apesanteur sociale. Les dirigeants socialistes ne cherchent même plus à masquer cette réalité, les plus critiques d’entre eux dénonçant après la défaite aux dernières européennes un « parti de notables » sans proposer pour autant une remise en cause de leur pouvoir. Ce poids des élus rend improbable une explosion ou une scission du parti, qui pourrait apparaître comme une solution à la situation actuelle : trop d’intérêts professionnels sont en jeu. Les élus sont attachés, à tous les sens du terme, à une machine électorale qui les fait vivre et qui demeure particulièrement performante au niveau local. Peu d’entre eux, même parmi les proches de M. Jean-Luc Mélenchon, l’ont ainsi suivi dans la création du Parti de gauche.

Si les écologistes ont, quant à eux, longtemps vu le PS comme un contre-modèle, le même processus de professionnalisation les affecte. Elle semble loin, l’époque où ils défendaient la « politique autrement » et cherchaient à subvertir cette logique. Les Verts ont souvent cultivé une forte méfiance à l’égard des pratiques traditionnelles et des principes de la délégation politique (logique de carrière, concentration du pouvoir, personnalisation, leadership…). Ils ont même, un temps, expérimenté de nouvelles formes d’exercice des mandats — refus du cumul, occupation des sièges à tour de rôle (système dit « du tourniquet ») —, un peu comme les partis ouvriers avaient tenté de le faire à la fin du XIXe siècle.

Ces velléités n’existent plus. Convertis au « réalisme » électoral, les écologistes se sont normalisés et ont pleinement intériorisé les règles du jeu de la démocratie représentative telle qu’elle est. La rotation des mandats n’est plus appliquée. Leur cumul est toléré et largement pratiqué, même si les statuts du parti le réglementent toujours. M. Noël Mamère est député-maire de Bègles depuis trois législatures ; et Mme Dominique Voynet, après s’être engagée à ne détenir qu’un seul poste, est devenue, à la suite des dernières élections municipales, sénatrice-maire de Montreuil.

Cette évolution est justifiée par des arguments désormais classiques : il faudrait mettre en avant des personnalités connues, reconnues et compétentes. Le capital politique va en somme au capital politique, c’est une règle d’accumulation constitutive du jeu politique. M. Mamère déclarait ainsi : « Nous ne pourrons compter face à nos partenaires que si nous avons des élus. Si nous perdons notre implantation, nous sommes morts » (Le Monde, 14 juin 2003). Mme Voynet a fait valoir quant à elle qu’en renonçant à son mandat sénatorial elle ferait perdre un siège à son parti, mais aussi que le cumul serait favorable aux intérêts de sa commune…

Les Verts ne bénéficient pas, comme le PS ou le PCF, de bastions et de bases municipales, ce qui est une faiblesse dans le cadre de scrutins uninominaux (comme les élections cantonales et législatives), où existe une compétition à gauche. Mais leur pragmatisme est payant. Le parti écologiste obtient de plus en plus d’élus et se professionnalise largement. On recense quarante et un maires Verts — trois femmes et trente-huit hommes — sortis des urnes en 2008 (tous dans des villes de moins de dix mille habitants, à l’exception de Montreuil, Bègles, le 2e arrondissement de Paris et Mèze), dont dix-huit exercent leur premier mandat.

A l’issue des dernières cantonales, les Verts disposent de onze élus — trois femmes et huit hommes —, dont quatre sortants. Après les élections régionales de 2004, on recensait chez eux cent soixante-huit conseillers régionaux. Enfin, ils ont cinq sénateurs et quatre députés. Ces chiffres sont considérables si on ajoute les salariés de parti et si on les rapporte au nombre de militants.

Députée écologiste à Paris, passée au Parti de gauche, Mme Martine Billard analyse ce poids grandissant des professionnels de la politique et ses effets sur le parti : « J’estime à deux mille le nombre d’élus et de salariés politiques, sur cinq mille adhérents réels. Ça finit par peser très fortement. Les élus sont absorbés par leur tâche de gestion ; ils se noient dans leur travail, surtout quand ils sont dans les exécutifs, et négligent localement de développer le parti et le militantisme. On a l’habitude d’ironiser chez les Verts en disant que, dans le parti, il y a les élus, les salariés d’élus et ceux qui veulent prendre leur place. Les collaborateurs sont recrutés dans les réseaux militants. Pour les adhérents, l’élection municipale est la plus importante, c’est celle qui les motive le plus. Les listes communes avec les socialistes dès le premier tour, très nombreuses, permettent de sécuriser les mandats locaux. La politique est vue de plus en plus sous un angle professionnel. Les militants, le plus souvent trentenaires, qui arrivent dans le parti veulent être élus. Pour eux, faire de la politique, c’est être élu. Le milieu associatif, qui s’est lui-même beaucoup professionnalisé, vit des subventions des collectivités gérées ou cogérées par les élus. »

L’élection de quatorze députés européens écologistes en 2009 a marqué un certain renouvellement des élites vertes. Mais les nouveaux représentants ne sont pas des néophytes. M. Daniel Cohn-Bendit s’est présenté en France parce qu’il était soumis en Allemagne à une règle de limitation de la durée des mandats. M. Gérard Onesta a abandonné le Parlement de Strasbourg, comme il s’y était engagé, mais il va sans doute être tête de liste aux régionales de 2010. Mme Karima Delli, 29 ans, travaillait pour un sénateur ; Mme Hélène Flautre commence son troisième mandat ; Mme Michèle Rivasi était jusque-là adjointe au maire et vice-présidente du conseil général de la Drôme ; M. François Alfonsi, maire…

Crainte d’un retour
à la vie professionnelle

La problématique du PCF est un peu différente. On observe, certes, un renforcement du pouvoir des élus dans un parti qui cherchait historiquement à les contrôler pour éviter toute dérive de personnalisation notabiliaire (le cumul était globalement interdit jusque dans les années 1970). Le PCF retrouve l’« implantation en archipel » qui était la sienne dans l’entre-deux-guerres : son électorat se dénationalise et se rétracte sur ses bases locales. Le parti s’appuie sur ses élus, poursuivant par là une stratégie d’amortissement du déclin dont le prix est leur forte autonomie. Cette posture de survie explique largement le grand écart du PC, pris entre sa proximité idéologique avec l’extrême gauche et la volonté de préservation des positions locales qu’assure (pour combien de temps ?) l’alliance avec le PS.

L’historien communiste Roger Martelli analyse les écueils de cette orientation : « On est dans une situation d’entre-deux. Il s’agit de maintenir le capital d’élus pour sauver l’appareil, de coller au PS pour préserver les positions locales. Mais enrayer le déclin plutôt que de constituer de nouvelles dynamiques est une démarche défensive. Le poids de la question électorale et des intérêts locaux s’est incontestablement renforcé, mais ils sont conçus comme une condition du maintien de l’appareil, qui demeure le noyau considéré comme nécessaire de l’organisation communiste. Le parti cherche à avoir des élus, leur poids s’est accru, mais, dans les organismes de direction, il n’a pas grandi. La structure partisane verticale et hiérarchique reste une culture enracinée. En même temps, les responsables de parti sont devenus élus, ce qui a toute une série d’effets. Les régionales de 1998 ont été de ce point de vue un tournant. La consigne a été de mettre systématiquement les secrétaires fédéraux sur les listes. Ils ont pris des responsabilités dans les exécutifs. C’est une rupture. C’est une manière de salarier des permanents sur des fonctions électives. Jusque-là, les secrétaires fédéraux demeuraient en retrait des responsabilités gestionnaires pour se consacrer au parti. On entendait alors beaucoup : “Moi, si je ne suis pas élu, je n’ai plus de poste de permanent, mais ma fédération éclate ou se désagrège.” » De nombreux élus d’origine ouvrière, qui vivent de la politique depuis longtemps, craignent un retour à la vie professionnelle susceptible de leur poser de redoutables problèmes de reconversion.

De fait, le fonctionnement et la viabilité du PCF dépendent en grande partie des contributions de ses élus. En 2007, près de dix mille élus locaux lui apportaient plus de la moitié de ses ressources. Le PCF est de loin la formation où ce phénomène est le plus fort.

Au total, les institutions locales tiennent les partis de gauche beaucoup plus que l’inverse. La prime à la « compétence » technicise les problèmes et les dépolitise — y compris dans l’esprit des profanes qui ont intériorisé la division des rôles comme une nécessité fonctionnelle. L’espace politique, ainsi que l’a bien montré Pierre Bourdieu, est un champ autonome, de plus en plus replié sur ses jeux et enjeux propres, imperméables à de nouveaux entrants. Le personnel qui s’y adonne le fait de plus en plus longtemps et s’apparente à une caste inamovible. En 1958, un député sur trois était âgé de moins de 40 ans. Cette proportion a chuté en 2002 à un sur treize. En 2008, les plus de 55 ans représentent pour la première fois la majorité absolue des députés. La règle de la prime aux sortants s’est imposée dans quasiment l’ensemble des formations partisanes.

Loin de contrecarrer cette évolution, la gauche institutionnelle l’a confortée. La professionnalisation qui l’affecte concourt ainsi à l’éloigner socialement et pratiquement des groupes sociaux qu’elle est censée défendre. Entrer en politique, c’est se consacrer à temps plein à une nouvelle activité, et souvent quitter son milieu d’origine pour s’investir dans un nouveau monde social ayant ses règles et ses codes. Avec le temps, il devient difficilement envisageable de faire autre chose. L’absence d’un statut de l’élu, si elle constitue un réel problème, sert d’argument-prétexte pour justifier cette clôture du jeu.

Dès lors, la professionnalisation se mesure à l’aune de la faible représentativité sociale des élus et de l’éviction des catégories populaires. Les enseignants élus députés socialistes au début des années 1980 se sont ainsi très largement coupés d’un milieu où le PS disposait d’un fort ancrage. Les filières syndicales ou associatives du recrutement se sont taries. Dans la dernière Assemblée nationale, plus aucun député n’est d’origine ouvrière. Ces évolutions constituent aussi un obstacle à la recomposition de la gauche. Le patriotisme de parti est à la mesure des intérêts de carrière. Les choix individuels concernant les positions électives priment sur tout et confortent les stratégies d’appareil.

Rémy Lefebvre.